Un train peut cacher un avion

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  • Publication publiée :2 juin 2020
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Prenez l’avion sur un trajet domestique, demandez plutôt à la SNCF !

Prenez l’avion, vous êtes responsable du réchauffement climatique.

Prenez l’avion, demandez à nos amis suédois, le « flygskam », littéralement la honte de prendre l’avion doit vous décourager.

De quoi marcher sur la tête ou faire rougir le Lindbergh de Charlebois?

Et bien, pas du tout ! Tout cela fait est parfaitement orchestré par le propriétaire de la SNCF ; c’est-à-dire l’État. Comprenons-le, il a le souci de l’argent public bien utilisé. Le soutien à coup de dizaines de milliards d’euros de son entreprise la plus turbulente commence à faire tache ; pas seulement à Bruxelles. Les gouvernements précédents avaient réussi à cacher la dette abyssale de l’entreprise en la reprenant sans la reprendre grâce à des montages financiers dont seuls les gourous de l’ENA pouvaient comprendre la beauté. Un objet financier non identifié, disait-on.

Aujourd’hui, l’heure est à la transparence et les 45 milliards dont il s’agit ne peuvent plus échapper à l’œil de l’usager comme à la Cour des comptes. La SNCF, fleuron de nos entreprises se devait de faire peau neuve.

C’est fait depuis le 1er janvier 2020. Elle devient une société anonyme à capitaux publics. Le groupe et ses filiales, il y en a six sont assujetties au droit des sociétés. Voilà un nouveau tour de passepasse qui permet aux opérationnelles de sortir la majeure partie de la dette de leur bilan, de recourir à l’investissement, et d’envisager la rentabilité. Il y en a pour 45 milliards d’euros affectés à la société mère dont l’État possède bien entendu 100 % du capital.

Reste à faire fonctionner le système. On s’attaque à la concurrence pour assurer la recette ! Les ministres de l’Économie et de la Transition écologique décident que les trajets de moins de 2 h 30 seront réservés aux trains. Les compagnies aériennes devront s’adapter et notamment Air France à qui l’on demande de repenser son réseau domestique. Un vrai faux cadeau de sept milliards pour mettre de l’huile dans les rouages d’un autre fleuron tout aussi turbulent. Tant d’argent dans des caisses vides ? Bruxelles, le recours à l’impôt ou l’emprunt devraient y pourvoir.

Il n’y a pas si longtemps, Air France déclarait qu’elle n’avait rien à craindre des « low-cost ». Le vrai concurrent est la SNCF, selon son président de l’époque. Pas d’erreur stratégique, on ne lui aurait pas permis de s