Les séparatistes

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  • Post published:22 février 2020

Je croyais avoir tout compris du mal qui ronge les banlieues. Présomptueux pour le moins ! Ce n’est pas l’islamiste, c’est le séparatiste. Ce n’est pas le communautarisme, c’est le séparatisme islamique. J’aurais du être plus attentif au discours du Ministre de l’Intérieur du 28/11/2019. « Pour nous attaquer à ce mal, il nous faut d’abord être en mesure de le connaître et de le définir. L’heure n’est plus aux pudeurs ni aux faux-semblants. Disons-le franchement, comme vous le constatez sur le terrain : la radicalisation et le terrorisme sont les symptômes les plus graves d’un mal plus profond qui touche trop de nos quartiers. Je veux parler de l’islamisme et du communautarisme. Contrairement au terrorisme, rigoureusement défini dans le code pénal et qui recouvre l’intégralité des infractions commises intentionnellement en relation avec une entreprise individuelle ou collective ayant pour but de troubler gravement l'ordre public par l'intimidation ou la terreur, l’islamisme et le communautarisme n’ont pas de définitions juridiques précises. Nous pouvons donc les aborder, d’abord, par la description de leur réalité politique. (Www.intérieur.gouv.fr) ».

Le président de la République dont le goût pour les discours et la langue française est bien connu, a volé au secours de son Ministre en qualifiant de séparatisme islamique la réalité dont il est question.

Il est grands temps de nous essayer à quelques définitions pour éclairer le débat :

·      L’Islam est une religion, l’islamisme est une idéologie politique qui place la loi de dieu, ou celle de ceux qui la détournent à leur profit, au-dessus des lois de la République.

·      Une communauté est, dans le sens usuel, un ensemble de personnes vivant ensemble. (Wikipédia), Le communautarisme donne à la communauté une valeur plus importante qu'à l'individu et prétend contrôler les opinions et les comportements des membres de la communauté contraints à une obligation d'appartenance.

·      Le séparatisme islamique rejette les valeurs de la République et la loi commune.

Nous voilà plus savant et l’on a bien compris que le plan dévoilé par le Président à Mulhouse s’attaque aux comportements antirépublicains et non aux pratiquants d’une religion dont on peut questionner la compatibilité avec la République (la religion, pas les pratiquants). Pour autant, si l’ambition est louable, les contours du plan sont bien brouillardeux. La mesure phare consistant à mettre fin à l’accueil des Imams détachés de pays étrangers (Maroc, Algérie, Turquie.) ne semble pas être un remède universel ou tout au moins propre à répondre à l’incivilité dans les banlieues. L’imam est celui qui conduit la prière chez les sunnites, il n’a pas besoin de formation. Le charisme et la reconnaissance que lui accordent les fidèles sont suffisants. Les mesures concernant le financement des cultes paraissent plus efficaces. Quant à la suppression de l’enseignement des langues et cultures d’origine objet d’une directive européenne de 1977, il faut probablement y voir une mesure qui peut plaire à un électorat que veut toucher la mouvance politique du président avant les élections municipales.

C’est dire si le plan doit être enrichi et nourri de réflexions républicaines. On peut se demander à Aubervilliers, proche banlieue parisienne ou le chômage atteint 50%, si la république ne pratique pas elle-même le séparatisme dont elle cherche à se déhaler ?